Le 2 juillet 2026, la DREES a publié son bilan annuel de la démographie des professionnels de santé au 1er janvier 2026, construit à partir du répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS), le répertoire de référence dans lequel les Ordres enregistrent les praticiens. Nous en lisons trois classeurs — médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens — pour un seul territoire, les Alpes-Maritimes, comparé à sa région et à la France entière. Les kinésithérapeutes et les infirmiers n’y figurent pas : pour les premiers, la densité 2026 publiée n’est pas reproductible (elle reprend la valeur 2025 sur toutes les lignes du classeur) ; pour les seconds, la DREES indique que la qualité des données du RPPS ne permet pas encore d’en produire des effectifs.
Combien de professionnels de santé sont recensés dans les Alpes-Maritimes en 2026 ?
5 385 médecins, 1 432 chirurgiens-dentistes et 1 399 pharmaciens. Le champ exact compte : il s’agit de professionnels enregistrés à leur Ordre, actifs au 1er janvier 2026, exerçant au moins une activité en France, et rattachés au département de leur activité la plus récente — quel que soit leur mode d’exercice, libéral, mixte ou salarié. Un médecin hospitalier compte autant qu’un médecin de cabinet ; un praticien qui exerce dans deux départements n’est compté que dans l’un des deux. Parmi les médecins, 1 947 relèvent de la médecine générale et 3 438 des autres spécialités : la médecine générale représente 36,2 % des médecins du département, contre 41,7 % en France entière.
Quelle densité de médecins généralistes ?
La DREES rapporte chaque effectif à la population du territoire estimée par l’Insee au 1er janvier de la même année, ce qui donne une densité pour 100 000 habitants, recalculée chaque année. En médecine générale, les Alpes-Maritimes comptent 168,6 généralistes pour 100 000 habitants au 1er janvier 2026, contre 168,7 en Provence-Alpes-Côte d’Azur et 146,2 en France entière. L’écart avec la France est de +22,5 pour 100 000 habitants (+15,4 %) ; l’écart avec la région, -0,1, est nul en pratique. Pour cette profession, le département est donc au niveau de sa région, et au-dessus de la moyenne nationale.
Et pour les médecins spécialistes ?
C’est ici que le département se distingue. Les médecins d’autres spécialités que la médecine générale — chirurgie, ophtalmologie, cardiologie, pédiatrie, psychiatrie, etc., regroupés ici en un seul poste, comme la DREES le fait dans sa nomenclature à deux postes — atteignent 297,8 pour 100 000 habitants dans les Alpes-Maritimes, contre 248,7 en région et 204,4 en France entière : +93,4 par rapport à la France (+45,7 %), +49,1 par rapport à la région. Sur l’ensemble des médecins, la densité du département (466,4) dépasse celle de la France (350,6) de +115,8 pour 100 000 habitants ; l’essentiel de cet écart vient des autres spécialités, pas de la médecine générale. Ce poste agrège des spécialités très différentes, en cabinet comme à l’hôpital : la densité globale ne renseigne ni sur telle spécialité en particulier, ni sur le secteur conventionnel ou les tarifs des praticiens, que le RPPS ne décrit pas.
Qu’en est-il des chirurgiens-dentistes et des pharmaciens ?
Les chirurgiens-dentistes sont 124,0 pour 100 000 habitants dans le département, contre 98,2 en région et 70,5 en France entière (+53,5 par rapport à la France, soit +76,0 %). Les pharmaciens sont 121,2 pour 100 000 habitants, contre 124,9 en région et 109,1 en France : au-dessus de la moyenne nationale (+12,1), mais légèrement en dessous de la moyenne régionale (-3,7). Pour les pharmaciens, la DREES compte des personnes, pas des officines : un pharmacien d’industrie, de laboratoire ou d’hôpital entre dans l’effectif au même titre qu’un titulaire d’officine.
| Profession | Alpes-Maritimes | Provence-Alpes-Côte d’Azur | France entière | Écart 06 − France |
|---|---|---|---|---|
| Médecins (toutes spécialités) | 466,4 | 417,4 | 350,6 | +115,8 |
| dont médecine générale | 168,6 | 168,7 | 146,2 | +22,5 |
| dont autres spécialités | 297,8 | 248,7 | 204,4 | +93,4 |
| Chirurgiens-dentistes | 124,0 | 98,2 | 70,5 | +53,5 |
| Pharmaciens | 121,2 | 124,9 | 109,1 | +12,1 |
Les effectifs ont-ils évolué depuis 2025 ?
Les deux millésimes sont comparables : même source, même méthode d’extraction au 1er janvier, mêmes définitions, et des densités rapportées chacune à la population de l’année. Entre le 1er janvier 2025 et le 1er janvier 2026, le nombre de médecins recensés dans les Alpes-Maritimes passe de 5 278 à 5 385 (+107, soit +2,0 %), une progression proche de celle de la France entière (+2,1 %). Elle tient aux autres spécialités (+101, soit +3,0 %) ; la médecine générale est presque stable (+6 médecins, +0,3 %). Les pharmaciens progressent de +19 (+1,4 %) ; les chirurgiens-dentistes reculent de 14 (-1,0 %), alors qu’ils progressent en France entière (+2,2 %).
Un détail mérite d’être lu avec attention : en médecine générale, l’effectif du département augmente (+6) mais la densité mesurée recule, de 169,4 à 168,6 pour 100 000 habitants, parce que la population du département croît plus vite que le nombre de généralistes. Une hausse d’effectif seule ne permet donc pas d’écrire que l’offre progresse : selon la variable retenue, le nombre de professionnels recensés augmente, ou la densité mesurée recule. Ni l’une ni l’autre ne décrit l’activité réelle de ces praticiens.
Peut-on en conclure que l’accès aux soins est meilleur dans le 06 ?
Non. Une densité de professionnels n’est pas une mesure de l’accessibilité aux soins. Elle rapporte un nombre de personnes inscrites à un Ordre à une population ; elle ne mesure ni la distance à parcourir, ni le temps de trajet, ni les délais de rendez-vous, ni l’acceptation de nouveaux patients, ni le temps de travail de chaque praticien, ni son activité réelle, ni sa répartition à l’intérieur du département, ni son secteur conventionnel, ni la permanence des soins. Une densité supérieure à la moyenne nationale n’autorise donc aucune conclusion sur la facilité, pour un habitant donné, d’obtenir une consultation. Et l’inverse est vrai aussi : ces tableaux ne permettent pas davantage de qualifier le département de territoire sous-doté. L’accessibilité se mesure avec d’autres indicateurs, construits sur d’autres données, que cet article n’étudie pas.
Pourquoi deux territoires de même densité peuvent-ils être vécus différemment ?
- La répartition géographique. Une densité départementale est une moyenne : elle ne dit pas si les praticiens sont concentrés sur le littoral, dans les grandes communes ou répartis dans l’arrière-pays. Le RPPS localise un lieu d’activité, pas une patientèle.
- L’activité de chaque professionnel. Temps plein ou temps partiel, exercice hospitalier ou en cabinet, activité clinique ou non : deux praticiens comptés à l’identique peuvent recevoir un nombre de patients très différent.
- Les délais et l’acceptation de nouveaux patients. Ils dépendent de l’organisation de chaque cabinet et ne figurent dans aucun des tableaux utilisés ici.
- La structure de la population. Une même densité ne recouvre pas les mêmes besoins selon l’âge des habitants. Nous avons décrit la structure par âge du département dans un autre article, Vieillissement dans les Alpes-Maritimes : ce que montrent les données 2023, sans que ces deux lectures — démographie des habitants, démographie des professionnels — se déduisent l’une de l’autre.
Aucun de ces facteurs n’est chiffré ici, et nous n’avançons aucune explication de la densité observée : les tableaux de la DREES la constatent, ils n’en donnent pas les causes.
Ce que ces données ne disent pas sur votre reste à charge
- Le conventionnement. Le RPPS ne renseigne pas le secteur conventionnel du praticien ; une densité ne dit rien de la part des consultations facturées au tarif de base.
- Les honoraires. Aucun tarif, aucun montant de dépassement d’honoraires n’entre dans ces tableaux, et aucun n’est cité dans cet article.
- Votre contrat. Ce que rembourse votre complémentaire santé dépend de ses garanties, pas du nombre de professionnels dans votre département.
Et pour sa complémentaire santé ?
La couverture individuelle et la densité locale sont deux sujets distincts. Pour comparer une mutuelle, les éléments utiles sont votre situation, vos postes de soins, les tarifs réellement pratiqués par les praticiens que vous consultez et votre budget — pas la densité de médecins pour 100 000 habitants. Nous présentons le fonctionnement général d’une complémentaire santé et ses garanties sur notre page mutuelle santé.