Création d’entreprise : quelles assurances et quelle protection sociale prévoir ?
Entre le statut juridique, les cotisations, la première facture et le premier client, la protection sociale et la RC Pro passent facilement au second plan. Voici les réflexes utiles pour comprendre ce qui vous couvre, sans souscrire quoi que ce soit à l’aveugle.
Votre statut, votre rémunération et votre parcours précédent comptent davantage que la seule date d’immatriculation.
2. Une assurance imposée ?
RC Pro, décennale, véhicule ou mutuelle des salariés : les obligations dépendent de l’activité et de la situation.
3. Quel risque menace votre activité ?
Un arrêt, un sinistre client et la perte de matériel sont trois risques distincts. Un seul contrat ne couvre pas forcément tout.
Le point de départ
« Entrepreneur » n’est pas un régime social
Deux personnes créant leur activité le même jour peuvent avoir des droits très différents. Le bon réflexe : partir de votre forme d’exercice, de votre régime d’affiliation et de votre rémunération réelle, et non simplement de la date d’immatriculation.
Régime micro-social
Micro-entrepreneur
Cotisations calculées sur le chiffre d’affaires encaissé. Les droits aux indemnités et à la retraite dépendent notamment de l’affiliation et des cotisations. Une activité à 0 € de chiffre d’affaires ne génère généralement pas de cotisation sociale.
À vérifier : Si votre activité démarre doucement, vérifiez aussi vos droits issus d’une activité précédente.
Travailleur indépendant
Entrepreneur individuel (EI) au réel
Cotisations et prestations fondées sur les règles du régime des indépendants. Des cotisations provisionnelles ou minimales peuvent s’appliquer au démarrage.
À vérifier : Demandez une estimation des droits, pas seulement des cotisations prévisionnelles.
Travailleur non salarié
Gérant associé d’EURL / gérant majoritaire de SARL
Le dirigeant relève généralement du régime des indépendants. Même sans rémunération, certaines cotisations minimales peuvent être dues selon la situation.
À vérifier : Regardez ce qui se passe si le revenu effectif diffère du prévisionnel.
Assimilé salarié
Président de SASU / SAS
Le mandat relève du régime général, mais les droits liés au mandat dépendent de la rémunération soumise à cotisations. Les seuls dividendes ne constituent pas un salaire, et le mandat ne donne pas en lui-même droit à l’assurance chômage.
À vérifier : Sans salaire au lancement, vérifiez d’abord les droits personnels déjà ouverts.
Règles selon la profession
Profession libérale
La caisse et les prestations d’invalidité, de décès ou de retraite peuvent changer selon la profession, la forme d’exercice et le statut du dirigeant.
À vérifier : Identifiez votre caisse et ses garanties réelles avant de comparer une prévoyance.
À noter : le régime micro-entrepreneur n’est pas identifiable à partir du seul code juridique « entrepreneur individuel ». Le rattachement d’une profession libérale peut également appeler une analyse spécifique.
Votre mini-audit
5 questions à se poser avant de choisir une assurance
QUESTION 01
Qui rembourse mes soins ?
La prise en charge des consultations et des soins par l’Assurance maladie ne doit pas être confondue avec la mutuelle, qui intervient en complément selon ses garanties. Faites le point sur la couverture du foyer et la fin éventuelle d’une mutuelle d’employeur.
Si je m’arrête 30 jours, combien vais-je réellement percevoir ?
Les indemnités journalières ne sont ni systématiques ni identiques selon les statuts. Durée d’affiliation, revenus ou cotisations, prescription et droits provenant d’une activité antérieure peuvent changer la réponse. Faites le calcul à partir de votre situation réelle.
L’invalidité se traite à part de l’arrêt temporaire. Vérifiez les conditions et le niveau d’indemnisation de votre régime obligatoire, puis, le cas échéant, celles d’un contrat complémentaire.
Selon votre régime, un capital décès peut exister sous conditions. Posez aussi la question des personnes à charge, des emprunts et des dépenses qui resteraient au foyer.
Que valide ma nouvelle activité pour la retraite ?
Une année civile passée à son compte ne garantit pas quatre trimestres. La validation et les points dépendent du régime et des montants cotisés. Votre relevé de carrière reste le point de départ, avant tout produit d’épargne.
RC Pro et assurances obligatoires : que faut-il prévoir à la création ?
On parle ici des risques de votre entreprise, pas de vos remboursements de soins ni de votre perte de revenus personnelle. Les garanties peuvent se compléter, mais ne se remplacent pas.
La RC professionnelle (RC Pro)
Elle vise les conséquences de dommages causés à des tiers dans le cadre de l’activité, selon les risques, exclusions et plafonds du contrat. Exemple : une erreur de prestation qui entraîne un préjudice chez un client.
Obligatoire ? Pas pour toutes les entreprises. Certaines professions ou activités réglementées imposent une responsabilité professionnelle : vérifiez les textes applicables à votre métier et les contrats demandés par vos clients.
Le reste des assurances de l’entreprise
Les besoins dépendent de votre activité : responsabilité civile exploitation, matériel, multirisque, perte d’exploitation, local professionnel, véhicule affecté à l’activité ou assurance décennale dans certains métiers du bâtiment.
Obligatoire ? Certaines garanties le sont selon la profession, le véhicule, le local loué ou les travaux. D’autres sont facultatives, mais peuvent être essentielles à la survie de l’activité après un sinistre.
À vérifier selon votre première situation professionnelle
Je travaille depuis chez moi, en prestation de services
Vérifier les clauses de mes contrats clients, les erreurs de conseil ou de livraison, la confidentialité des données et les éventuelles exigences de RC Pro.
J’exerce une profession réglementée
Contrôler les garanties obligatoires propres à la profession, les montants minimaux et les éventuelles attestations à produire avant d’exercer.
Je travaille dans le bâtiment
Étudier les obligations de responsabilité décennale selon les travaux réellement exercés, et distinguer les autres responsabilités professionnelles.
J’ouvre un local, une boutique ou un cabinet
Vérifier l’assurance du local, le bail, les stocks, les équipements et les conséquences financières d’une interruption d’activité.
Attention à la confusion : une RC Pro ne remplace pas la prévoyance personnelle en cas d’arrêt de travail. Et une prévoyance individuelle ne remplace pas une RC Pro exigée pour exercer votre métier.
Quelles assurances sont obligatoires à la création d’une entreprise ?
Aucune liste universelle ne s’applique à toutes les créations. L’obligation dépend de votre métier, de vos véhicules, de vos locaux et de la présence de salariés. Pour les autres risques, demandez-vous d’abord ce qu’un sinistre coûterait réellement.
Assurances du créateur : risque, obligation et points de contrôle
Garantie
Le risque
Obligatoire ?
À contrôler avant de signer
RC Pro
Mon activité cause un préjudice à un client ou à un tiers
Selon la profession
Activité précisément déclarée, nature des dommages, plafonds, franchises, exclusions et attestation.
Garantie décennale
Un ouvrage ou des travaux engageant la responsabilité du constructeur
Pour les travaux concernés
Métiers et travaux effectivement couverts, souscription avant ouverture du chantier, attestation.
Véhicule professionnel
J’utilise un véhicule pour travailler
Assurance obligatoire du véhicule
Usage professionnel déclaré, conducteurs, marchandises et déplacements couverts.
Multirisque / perte d’exploitation
Un local, un stock ou un outil indispensable est endommagé
En général facultative, parfois exigée
Biens assurés, événements déclencheurs et conditions de perte d’exploitation : elle n’est pas automatique.
RC du mandataire social (RCMS)
Une décision de gestion engage personnellement la responsabilité du dirigeant
En principe facultative
Qui est assuré, réclamations et frais de défense, exclusions, antériorité. Distincte de la RC Pro.
Cyber / protection juridique
Données clients compromises, litige commercial ou besoin de défense
En général facultative
Risques numériques réellement couverts, exclusions, accompagnement et plafonds des frais de défense.
AT/MP volontaire du TNS
Accident lié au travail ou maladie professionnelle du travailleur indépendant
Facultative selon l’éligibilité
Dispositif volontaire Assurance maladie : frais de santé et incapacités permanentes selon conditions, mais PAS d’indemnités journalières.
Mutuelle du dirigeant
Je dois payer des soins ou protéger ma famille
En principe, choix personnel
Contrat existant, santé du foyer, garanties et coût. Différente de la mutuelle des salariés.
Prévoyance personnelle
Une maladie ou une invalidité m’empêche de travailler
En principe facultative
IJ du régime obligatoire, délai d’attente, franchise, invalidité et justificatifs de revenus.
Sept points que le devis le moins cher ne montre pas toujours
Pour la prévoyance, vérifiez les conditions générales et les annexes, pas seulement le montant de la cotisation. Voici les vérifications que nous jugeons déterminantes.
Régime obligatoire retenu et montant de prestation estimé sans inventer de revenu.
Franchise maladie, accident et hospitalisation : pas forcément identique.
Délai d’attente et exclusions, notamment sur les troubles psychiques ou le dos.
Définition de l’invalidité : professionnelle, fonctionnelle ou barème croisé.
Versement forfaitaire ou indemnitaire : revenus à prouver, limites de cumul et ajustements.
Invalidité, décès, bénéficiaires et garanties effectivement souscrites.
Changement de forme juridique ou activité : déclaration à l’assureur et continuité de couverture.
Ce calendrier est une méthode d’organisation, pas un rappel de délais légaux. Les garanties obligatoires doivent être en vigueur avant l’activité ou les travaux concernés.
1
Avant le premier contrat client ou chantier
Vérifier ce qui est obligatoire
Identifier les assurances imposées par l’activité réglementée et les travaux exécutés.
Demander au client s’il exige une attestation, un plafond particulier ou une extension de garantie.
Contrôler la date d’effet et le nom exact de la personne ou de la société assurée.
2
Dans les premières semaines
Vérifier ce que le régime social protège réellement
Identifier votre régime obligatoire, votre caisse et la date d’affiliation retenue.
Conserver les attestations de couverture, les droits provenant d’un ancien emploi et vos premières déclarations.
Faire une estimation prudente des revenus personnels et des charges incompressibles.
3
Quand le chiffre d’affaires se stabilise
Ajuster sans multiplier les contrats
Réexaminer les garanties selon les revenus effectivement perçus et la trésorerie disponible.
Vérifier les exclusions, plafonds et franchises des contrats déjà en place avant de les modifier.
Mettre à jour l’assureur si l’activité, la forme juridique, les locaux ou le nombre de salariés changent.
Vous démarrez avec l’ACRE ? Son bénéfice, sa demande et ses conditions ont des règles distinctes selon votre régime. Consulter notre dossier ACRE 2026, sans supposer que l’aide s’applique automatiquement.
À ne pas confondre
Cinq idées reçues qui peuvent coûter cher au démarrage
« Créée depuis 3 mois = aucun droit en cas d’arrêt »
Faux raccourci. Une affiliation récente ne fait pas disparaître automatiquement des droits antérieurs : la continuité de couverture doit être vérifiée avec la caisse.
« Je suis président de SASU, donc couvert comme un salarié rémunéré »
Le régime général n’implique pas à lui seul des indemnités basées sur une rémunération inexistante. La rémunération effectivement soumise à cotisations est déterminante.
« La RC Pro rembourse ma perte de revenus »
Non. La RC Pro concerne la responsabilité à l’égard des tiers. Arrêt de travail et invalidité relèvent d’une autre analyse, centrée sur la personne.
« Mon contrat multirisque comprend forcément la perte d’exploitation »
Non. Il faut lire la garantie souscrite, ses événements déclencheurs, sa période d’indemnisation et sa franchise.
« Je suis micro-entrepreneur, donc mes cotisations et mes droits sont identiques à ceux d’une EI au réel »
Le micro-social a des règles propres. Le code juridique EI ne révèle pas, à lui seul, le régime micro ; le chiffre d’affaires et les cotisations jouent un rôle différent selon les prestations.
Outil pratique sans inscription
Combien de temps pourriez-vous tenir sans recettes ?
Pour prioriser la protection de votre revenu, commencez par estimer le nombre de mois de dépenses incompressibles couverts par votre trésorerie mobilisable. C’est un ordre de grandeur, pas une simulation d’indemnités journalières ou un conseil financier.
Somme disponible sans compromettre vos autres obligations.
Foyer + activité restant à payer même sans recettes, sans compter deux fois les mêmes dépenses.
Autonomie théorique sans nouvelles recettes
Renseignez les deux montants pour obtenir une estimation.
Aucune donnée saisie n’est envoyée à Tessoria ni conservée par ce calculateur. Pour estimer les droits obligatoires ou le besoin d’une prévoyance, il faut analyser votre statut, votre affiliation et vos revenus.
Quels documents réunir pour faire un vrai point ?
Un devis dépend de l’activité assurée et, pour la prévoyance personnelle, des revenus et des droits déjà ouverts. Voici les documents utiles à garder sous la main. N’envoyez pas de documents médicaux ni de pièces d’identité par simple email.
La liste est indicative : aucun document n’est demandé pour lire cette page ou utiliser le calculateur ci-dessus.
Extrait Sirene / SIREN et description précise de l’activité exercée
Statuts ou justificatif de forme d’exercice, si société
Attestation de droits à l’Assurance maladie et caisse de retraite / invalidité
Ancien contrat collectif et justificatifs de droits antérieurs, si pertinents
Rémunération réellement perçue, premières déclarations ou prévisionnel explicite
Charges fixes de l’activité et du foyer à couvrir, sans les confondre
Contrats existants, conditions générales, tableaux de garanties et dates d’effet
Exigences des clients, du bail, de la profession ou de la convention collective
Situations réelles
Trois cas typiques dans les premiers mois
La date de création ne dit pas tout. Voici comment raisonner selon votre trajectoire, avant de demander des devis.
Je quitte le salariat pour me lancer
Ne résiliez pas mécaniquement vos couvertures : examinez la fin de la mutuelle collective, une éventuelle portabilité et les droits ouverts pendant votre ancien emploi.
Je crée une SASU sans me verser de salaire
Le mandat d’assimilé salarié ne garantit pas, à lui seul, des indemnités liées à un salaire inexistant. Vérifiez les autres droits personnels éventuels avant de souscrire une garantie.
Je démarre une activité avec déplacements et matériel
Séparez les risques de votre personne (maladie, invalidité) de ceux de l’activité (véhicule, dommages aux tiers, vol de matériel, interruption).
À l’embauche du premier salarié : de nouvelles obligations apparaissent, notamment une complémentaire santé collective, sous réserve des dispenses légales, avec participation minimale de l’employeur et respect des éventuels accords de branche. La prévoyance collective peut aussi être imposée par votre convention collective ou par des règles applicables à certaines catégories de salariés. Voir les obligations de complémentaire santé de l’employeur.
Pas besoin de dix contrats. Il faut d’abord savoir ce que vous avez déjà, ce qui pourrait manquer, et quel risque vous souhaitez vraiment couvrir.
Identifier votre régime et votre caisse de rattachement.
Vérifier vos droits issus de votre ancien emploi, le cas échéant.
Faire le point sur les remboursements de soins du foyer.
Estimer le montant réellement disponible après 30 jours d’arrêt.
Mesurer combien de temps votre trésorerie tiendrait sans revenus.
Vérifier invalidité, décès et droits retraite dans vos régimes.
Vérifier si la RC Pro est obligatoire dans mon métier et si mes clients exigent une attestation.
Étudier les biens, locaux, véhicule, assurance décennale ou perte d’exploitation selon mon activité.
En cas de première embauche, contrôler mutuelle collective et convention collective.
Comparer une couverture complémentaire uniquement si un besoin apparaît.
Pour aller plus loin
Faire le point sur votre situation
Le Bilan 360 Tessoria vous aide à réfléchir à votre protection personnelle : arrêt de travail, invalidité, décès et retraite. Un point de départ pour un échange adapté, pas un diagnostic automatique de droits ni une obligation de souscrire.
J’ai créé ma société cette année : ai-je droit à des indemnités journalières ?
Cela dépend de votre statut, de votre affiliation, de vos revenus et éventuellement des droits conservés d’une activité précédente. Pour certains indépendants, une durée d’affiliation d’au moins 12 mois est demandée pour des indemnités au titre de leur nouvelle activité ; la caisse peut examiner un maintien de droits antérieurs. Ne concluez pas à une absence de droit sur la seule date de création.
Dois-je prendre une mutuelle et une prévoyance dès la création ?
Il n’existe pas de réponse automatique. La complémentaire santé et la prévoyance individuelle sont deux protections différentes. Le bon ordre consiste à vérifier votre couverture actuelle, vos revenus à protéger, votre trésorerie disponible et les garanties de votre régime obligatoire, puis à décider si un complément est pertinent.
Le président d’une SASU non rémunéré est-il couvert ?
Le titre de président ne crée pas à lui seul des droits à prestations calculées sur un salaire. Sans rémunération soumise à cotisations, il faut analyser les droits ouverts par une activité antérieure ou une autre situation personnelle, en distinguant remboursement des soins et remplacement de revenus.
Un entrepreneur individuel est-il forcément micro-entrepreneur ?
Non. La micro-entreprise est un régime fiscal et social simplifié dont peut relever l’entrepreneur individuel, sous conditions. Une immatriculation en EI ne prouve pas à elle seule que les cotisations sont calculées selon le régime micro-social.
La RC Pro est-elle obligatoire dès la création de mon entreprise ?
Non, elle n’est pas obligatoire pour toute entreprise. Certaines professions et activités réglementées exigent une responsabilité civile professionnelle, parfois accompagnée d’autres assurances. Même lorsqu’elle est facultative, un contrat client peut la demander. Vérifiez votre profession, votre activité réelle et vos documents contractuels.
La RC Pro me verse-t-elle un revenu si je tombe malade ?
Non. Elle concerne, dans le cadre de ses garanties, les dommages causés à des tiers. Une prévoyance personnelle peut compléter le régime obligatoire en cas d’arrêt de travail ou d’invalidité, selon les conditions souscrites. Ce sont deux risques différents.
Que change ma première embauche pour les assurances de l’entreprise ?
Dans le secteur privé, l’employeur doit en principe proposer une complémentaire santé collective à ses salariés et en financer au moins 50 %, sous réserve des dispenses prévues. Les conventions collectives et les catégories de personnel peuvent créer d’autres obligations de prévoyance.
Puis-je garder la mutuelle de mon ancien employeur après une création d’entreprise ?
La couverture complémentaire collective cesse en principe selon les règles de votre contrat et de votre situation. Une portabilité peut exister, sous conditions, notamment en cas de cessation du contrat de travail ouvrant droit à l’assurance chômage. Vérifiez votre ancien contrat et vos justificatifs avant de résilier ou de changer de couverture.
Micro-entrepreneur sans chiffre d’affaires : quelles protections existent ?
À chiffre d’affaires nul, les cotisations micro-sociales sont en principe nulles, sauf option spécifique. Cela ne signifie pas que tous vos droits aux soins disparaissent. En revanche, les droits contributifs, notamment retraite et indemnités, doivent être vérifiés selon les revenus cotisés et les droits issus d’une activité précédente.
La loi Madelin s’applique-t-elle aux micro-entrepreneurs ?
La déduction fiscale des cotisations Madelin ne fonctionne pas sous le régime micro-fiscal, qui ne permet pas de déduire les charges professionnelles au réel. Elle peut concerner certains travailleurs indépendants au régime réel, dans les limites et conditions applicables.
Un indépendant est-il couvert comme un salarié contre les accidents du travail ?
Pas automatiquement. Les travailleurs indépendants ne bénéficient pas nécessairement d’une couverture spécifique AT/MP identique à celle des salariés. Une assurance volontaire individuelle accidents du travail et maladies professionnelles peut exister selon leur situation et les conditions de souscription.
L’assurance volontaire accidents du travail et maladies professionnelles verse-t-elle des indemnités journalières ?
Non. L’assurance volontaire individuelle AT/MP de l’Assurance maladie peut ouvrir, sous conditions, des prestations spécifiques en soins, incapacité permanente ou décès professionnel. Elle ne prévoit pas d’indemnités journalières. Il faut donc distinguer cette couverture de la protection du revenu en cas d’arrêt.
RC Pro et responsabilité civile du mandataire social : quelle différence ?
La RC Pro concerne les conséquences de dommages causés aux tiers par l’activité selon ses garanties. La RC du mandataire social vise certaines mises en cause personnelles du dirigeant au titre de décisions de gestion, selon son contrat. Elle n’est pas systématiquement imposée et ne remplace ni la RC Pro ni la prévoyance personnelle.
En cas de changement de micro-entreprise vers EURL ou SASU, faut-il revoir ses contrats ?
Oui, c’est un moment de vérification : statut social, personne assurée, activité déclarée, garanties RC Pro, dates d’effet, rémunération et dispositifs fiscaux peuvent changer. L’ancien contrat ne doit pas être présumé transféré automatiquement à une nouvelle société.
La garantie perte d’exploitation fonctionne-t-elle si le dirigeant est malade ?
Pas automatiquement. Une perte d’exploitation est généralement conditionnée aux événements expressément couverts au contrat, notamment aux dommages matériels dans certaines formules. Une garantie frais généraux ou prévoyance personnelle répond à d’autres besoins. Vérifiez les déclencheurs et exclusions.
Quand faut-il assurer sa première mission ou son premier chantier ?
Les assurances légalement requises doivent être effectives au moment où l’activité ou les travaux concernés débutent. Pour certaines opérations de construction, la couverture décennale doit exister avant l’ouverture du chantier. Faites vérifier les activités, dates et attestations exigées.
Est-ce que ce guide remplace un conseil personnalisé ?
Non. Ce guide donne des repères généraux. L’analyse des garanties dépend notamment de votre profession, de votre caisse, de votre date d’affiliation, de votre rémunération et des conditions contractuelles.
Ce guide, et ses limites
Guide rédigé par Tessoria Assurances, courtier indépendant, à partir de sources publiques. Les règles et montants peuvent évoluer. Les conditions d’ouverture de droits, les obligations professionnelles et les contrats doivent être vérifiés individuellement auprès des organismes concernés. Les sources officielles et l’auteur figurent sous ce guide. Nous ne présumons pas qu’une activité récente implique une absence de couverture.
Associé gérant · Courtier en assurances (ORIAS 25007309)
13 ans dans l'assurance, spécialisé dans la protection sociale des indépendants et dirigeants de TPE (prévoyance, Madelin, retraite, mutuelle).
Dernière mise à jour :
Chiffres réglementaires vérifiés sur les textes officiels : plafond de la Sécurité sociale (PASS) (1er novembre 2026), indemnités journalières des artisans et commerçants (1er novembre 2026), indemnités journalières des professions libérales (2 novembre 2026). Sources et méthode