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Entreprise · 7 min de lecture

Fleuristes et animaleries : le salaire maintenu en congé maternité et paternité

Un avenant de branche, étendu en octobre 2026, ajoute la maternité, l'adoption et la paternité au maintien de salaire. Ce qu'il impose, et ce qu'il faut vérifier dans votre contrat de prévoyance.

Par Christopher Basquin · Courtier indépendant · ORIAS 25007309 — Publié le 2 novembre 2026
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En résumé

Depuis la publication de son arrêté d'extension au Journal officiel du 22 octobre 2026, l'avenant n° 4 à l'accord prévoyance des fleuristes, de la vente et des services des animaux familiers s'impose à tous les employeurs de la branche. Il garantit le traitement intégral, sous déduction des indemnités de la sécurité sociale, pendant le congé de maternité ou d'adoption et pendant le congé de paternité, dès 6 mois d'ancienneté dans l'entreprise. À vérifier maintenant : que votre contrat de prévoyance prend bien ces droits en charge, sinon c'est l'entreprise qui paie.

À retenir

  • Avenant n° 4 du 23 février 2026, entré en vigueur le 1er juillet 2026, étendu par arrêté du 13 octobre 2026 (JO du 22 octobre 2026).
  • Maternité et adoption : traitement intégral, sous déduction des indemnités journalières, dès 6 mois d'ancienneté dans l'entreprise.
  • Paternité et accueil : salaire maintenu, sous déduction des indemnités journalières, dès 6 mois d'ancienneté dans l'entreprise.
  • Maladie : 90 % puis 70 % du salaire, dès 1 an dans l'entreprise ou 2 ans dans la branche, puis 70 % en incapacité.
  • Le texte ne dit pas que l'assureur finance la maternité et la paternité : votre contrat le dit, ou pas.

Qu'est-ce qui change avec l'avenant n° 4 ?

Les partenaires sociaux de la branche l'annoncent dans leur préambule : l'avenant renforce l'indemnisation du congé de maternité et du congé de paternité et d'accueil. Concrètement, il complète deux articles de l'accord du 13 mai 2016 relatif au régime de prévoyance :

  • l'article 4.2.6, consacré au maintien de salaire, qui intègre désormais la maternité et l'adoption ;
  • l'article 4.2.7, consacré à la garantie incapacité de travail, qui intègre le congé de paternité et d'accueil.

L'avenant ne prévoit aucune stipulation particulière pour les entreprises de moins de 50 salariés : la branche, composée majoritairement de très petites entreprises, explique en avoir tenu compte dans la négociation. Une boutique de deux salariés est donc tenue comme une enseigne plus grande.

Depuis quand s'applique-t-il, et à qui ?

L'avenant est conclu pour une durée indéterminée et fixe son entrée en vigueur au 1er juillet 2026. Un avenant de branche ne lie d'abord que les employeurs adhérents des organisations qui l'ont signé. L'arrêté du 13 octobre 2026, publié au Journal officiel du 22 octobre 2026, le rend obligatoire pour tous les employeurs et tous les salariés compris dans le champ professionnel de la convention ; l'extension prend effet à la date de cette publication.

Un point de lecture : la clause maternité indique qu'elle joue « à compter du 1er avril 2026 », date antérieure à l'entrée en vigueur de l'avenant. Pour une salariée en congé maternité sur cette période, faites lire votre situation sur pièces plutôt que de trancher seul.

Mon entreprise est-elle concernée ?

La convention collective nationale des fleuristes, vente et services des animaux familiers (IDCC 1978) couvre trois familles d'activité : le commerce de détail de fleurs et de compositions florales, la vente d'animaux familiers et de produits pour animaux, et les services aux animaux familiers (toilettage, dressage, pension, éducation).

Le code APE (ou NAF) n'est qu'un indice sur l'activité principale, et donc sur la convention applicable : c'est le champ du texte, rapproché de l'activité réellement exercée, qui permet de conclure. La convention déclarée par votre établissement est un bon point de départ, à confirmer ensuite au regard du champ du texte : notre méthode pour auditer ce que votre convention collective impose en prévoyance détaille cette vérification.

Que touche une salariée en congé maternité ou d'adoption ?

La salariée qui a au moins 6 mois d'ancienneté dans l'entreprise au jour de l'arrêt de travail pour maternité perçoit son traitement intégral, sous déduction des indemnités versées par la sécurité sociale. Autrement dit, le complément comble l'écart entre les indemnités journalières et son salaire habituel.

Le droit vaut pendant la durée du congé légal de maternité ou d'adoption et pour toute la durée d'attribution des prestations par la sécurité sociale. Il s'étend à l'adoption : même droit en cas d'adoption, si la sécurité sociale verse les prestations correspondantes.

Et le congé de paternité et d'accueil ?

Le salarié qui a au moins 6 mois d'ancienneté dans l'entreprise au jour de la prise du congé a droit au maintien de son salaire pendant le congé de paternité et d'accueil de l'enfant, déduction faite des indemnités qu'il perçoit de la sécurité sociale. Le texte place ce droit dans la garantie incapacité de travail de l'accord.

Maladie : ce que la branche garantit au-delà de la loi

L'avenant réécrit aussi la garantie de maintien de salaire en cas d'arrêt de travail. Elle est versée après 3 jours de franchise, sauf accident du travail ou maladie professionnelle, sous déduction des prestations de la sécurité sociale. Le tableau ci-dessous la rapproche du socle légal, qui ne s'applique que lorsque la convention est moins favorable.

PointSocle légal (loi de mensualisation du 19 janvier 1978)Branche des fleuristes (avenant n° 4)
Ancienneté requise1 an dans l'entreprise1 an dans l'entreprise, ou 2 ans dans la branche (continus ou non)
Première période90 % pendant 30 jours90 % pendant 30 à 90 jours selon l'ancienneté
Seconde périodeprévue par la loi (taux et durée non repris ici)70 % pendant une durée égale à la première
Ensuite—garantie incapacité : 70 % du traitement de base, jusqu'au 1 095e jour d'arrêt au plus tard
Ancienneté (entreprise dès 1 an, ou branche dès 2 ans)Jours à 90 %puis jours à 70 %
jusqu'à 5 ans inclus3030
de 6 à 10 ans inclus4040
de 11 à 15 ans inclus5050
de 16 à 20 ans inclus6060
de 21 à 24 ans inclus7070
de 25 à 29 ans inclus8080
plus de 30 ans9090

Pour un salarié de moins de 2 ans dans la branche et de moins de 1 an dans l'entreprise, la garantie incapacité ne joue qu'après une franchise de 180 jours continus. Une reprise de moins de 2 mois suivie d'un nouvel arrêt pour la même affection ne fait pas courir de nouveau délai. Enfin, le total perçu (sécurité sociale, employeur, régime, chômage, temps partiel) ne dépasse pas le salaire net d'activité de référence. Le détail du maintien de salaire légal est sur notre page maintien de salaire : ce que l'employeur doit et ce que la prévoyance prend en charge.

Votre contrat suit-il l'avenant ? Trois vérifications

  1. La notice de votre contrat de prévoyance : prévoit-elle le complément de salaire en maternité, en adoption et en paternité ? L'avenant crée le droit du salarié ; il ne dit pas que l'organisme assureur le finance. Sans prise en charge, l'entreprise verse elle-même le complément.
  2. Les durées et les taux du maintien de salaire : comparez les tableaux de votre contrat à ceux de l'avenant, tranche d'ancienneté par tranche, y compris la règle de l'ancienneté dans la branche, qui ouvre le droit à un salarié embauché depuis moins de 1 an.
  3. L'acte qui a mis en place le régime (accord, référendum ou décision unilatérale) : s'il reprend les garanties du contrat, il doit être mis à jour en même temps que celui-ci, et les salariés informés.

Si vous changez de contrat pour suivre l'avenant, réunissez d'abord les pièces utiles : notre article sur les documents à réunir avant de renégocier ou de changer d'assureur en fait la liste.

Ce que cet article ne conclut pas

Il ne dit pas que votre entreprise relève de la convention des fleuristes et des animaux familiers, ni que votre contrat est conforme. Ces deux points se vérifient sur pièces : le champ de la convention au regard de votre activité réelle, puis la notice du contrat et l'acte qui a mis le régime en place. Il ne reprend pas non plus les autres garanties de l'accord du 13 mai 2016 (décès, invalidité, cotisations), que l'avenant ne modifie pas.

Le socle, et où le lire

Ce que l'employeur doit en arrêt de travail sans convention plus favorable, et la façon dont un contrat de prévoyance collective le prend en charge, sont expliqués sur notre page prévoyance d'entreprise. Cet article ne traite que de l'ajout propre à la branche des fleuristes et des animaux familiers.

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Questions fréquentes

Christopher Basquin

Christopher Basquin

Associé gérant · Courtier en assurances (ORIAS 25007309)

13 ans dans l'assurance, spécialisé dans la protection sociale des indépendants et dirigeants de TPE (prévoyance, Madelin, retraite, mutuelle).

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