En résumé
Les cotisations de complémentaire santé devraient encore augmenter en 2027, mais aucun pourcentage unique ne s'appliquera à tous les assurés. Au 20 octobre 2026, le PLFSS 2027 n'est pas adopté : déposé le 1er octobre et rejeté en commission le 16 octobre, il est discuté en séance dans sa version initiale jusqu'au vote prévu le 27 octobre, avant le Sénat. Ce texte proroge en 2027 la taxe de 2,05 % sur les complémentaires sans prolonger le gel des tarifs. Les transferts de remboursements décidés par décret en août 2026 s'appliquent, eux, quel que soit le vote.
À retenir
- Le PLFSS 2027 est en première lecture à l'Assemblée nationale : aucune de ses mesures n'est définitive.
- Son article 12 reconduit en 2027 la contribution de 2,05 % payée par les complémentaires en 2026.
- La commission a supprimé cet article le 15 octobre, mais la séance porte sur le texte initial : l'article 12 y figure.
- Les quatre décrets du 21 août 2026 organisent déjà des transferts de remboursements pour 2027.
- Les projections de 4 % à 10,8 % publiées par des cabinets d'actuariat ne prédisent pas la hausse de votre contrat.
Où en est le PLFSS 2027 au 20 octobre 2026 ?
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 est en première lecture à l'Assemblée nationale. Il a été déposé le 1er octobre 2026 sous le n° 3211. La commission des affaires sociales l'a rejeté le 16 octobre. Ce rejet ne fait pas tomber le projet : pour une loi de financement de la Sécurité sociale, l'article 42 de la Constitution fait porter la discussion en séance, en première lecture, sur le texte présenté par le Gouvernement. Les modifications votées en commission ne figurent donc pas dans la version débattue.
| Date | Étape | Portée |
|---|---|---|
| 1er octobre 2026 | Présentation du projet et dépôt à l’Assemblée nationale (projet de loi n° 3211) | Projet du Gouvernement |
| 15 octobre 2026 | Commission des affaires sociales : suppression de l’article 12 (taxe sur les complémentaires) | Vote de commission, sans effet sur le texte débattu |
| 16 octobre 2026 | Commission des affaires sociales : rejet de l’ensemble du texte | Le projet ne tombe pas : la séance porte sur le texte du Gouvernement (art. 42 de la Constitution) |
| 20 au 26 octobre 2026 | Discussion en séance publique, en première lecture | En cours au 20 octobre |
| 27 octobre 2026 | Vote solennel de l’Assemblée nationale sur l’ensemble du texte | Date prévue, pas encore intervenue |
| Ensuite | Sénat, commission mixte paritaire, lectures suivantes, contrôle éventuel du Conseil constitutionnel | Rien n’est adopté définitivement |
Le calendrier de séance et la date du vote solennel sont ceux arrêtés par la Conférence des présidents de l'Assemblée nationale. Ils peuvent encore glisser en fonction des débats.
Que prévoit le texte pour les complémentaires santé ?
La mesure la plus directe est l'article 12. Il proroge pour 2027 la contribution exceptionnelle de 2,05 % instituée par la loi de financement pour 2026 sur les cotisations de complémentaire santé. L'exposé des motifs la présente comme une prolongation d'une année supplémentaire, avec la même assiette que la taxe sur les conventions d'assurance.
En revanche, l'article 12 ne touche pas à la phrase qui interdisait d'augmenter les cotisations « pour l'année 2026 ». Le texte initial ne prévoit donc pas de nouveau gel des tarifs en 2027.
Le rapport annexé au projet ajoute, parmi les 5,1 milliards d'euros d'économies prévues sur les dépenses d'assurance maladie, 0,7 milliard d'euros de baisses de taux de remboursement et de transferts vers les complémentaires. Le projet de loi ne détaille pas ces mesures, qui relèvent pour l'essentiel du pouvoir réglementaire : leur contenu exact reste à connaître.
Un vote de commission n'est pas une décision. Plusieurs médias ont titré sur la suppression de la taxe le 15 octobre ; mais la séance porte sur le texte du Gouvernement, qui contient toujours l'article 12. Seul le texte finalement adopté puis publié au Journal officiel s'appliquera.
Acquis, proposé, projeté : quatre niveaux à ne pas confondre
Les informations qui circulent sur « la hausse des mutuelles en 2027 » n'ont pas toutes la même valeur. Voici comment les classer au 20 octobre 2026.
- En vigueur ou publié
- Les quatre décrets du 21 août 2026 (JO du 22 août) qui relèvent plusieurs participations de l’assuré, pour l’essentiel au 1er janvier 2027.
- Proposé dans le PLFSS 2027
- La prorogation en 2027 de la contribution de 2,05 % sur les complémentaires (article 12), et 0,7 milliard d’euros de « baisses de taux de remboursement et de transferts » inscrits au rapport annexé.
- Projections de marché
- Des hausses de cotisations estimées par des cabinets d’actuariat : ce ne sont ni des décisions ni des barèmes.
- Non tranché
- La constitutionnalité du gel des cotisations 2026, examinée par le Conseil constitutionnel le 13 octobre 2026.
Une partie de la pression sur 2027 est déjà actée
Tout ne dépend pas du vote du PLFSS. Quatre décrets publiés au Journal officiel le 22 août 2026 modifient déjà plusieurs règles de prise en charge, notamment dans le dentaire, certains dispositifs médicaux, les médicaments à service médical rendu faible ou modéré et les transports sanitaires.
Pour l'essentiel, ces changements prennent effet au 1er janvier 2027. Ils modifient la répartition entre Assurance Maladie, complémentaire santé et, selon les garanties, reste à charge de l'assuré.
Nous avons isolé ce sujet dans un dossier spécifique afin de ne pas mélanger réglementation des remboursements et évolution des cotisations : remboursement santé 2027 : les transferts de charges vers les mutuelles.
De combien les tarifs pourraient-ils augmenter ?
Les premières estimations publiées fin septembre donnent le ton. Fact & Figures anticipe une hausse moyenne de 7 % pour les contrats santé individuels en 2027, hors effet d'âge. Addactis publie une fourchette de 5 % à 10,8 % pour les contrats individuels, avec une médiane annoncée à 8,3 %, et de 4,1 % à 10,8 % pour les contrats collectifs, avec une médiane à 7 %.
Ces chiffres ne sont ni un barème public ni une augmentation obligatoire. Ils synthétisent des anticipations de marché, formulées avant le début de l'examen parlementaire. Votre assureur, votre mutuelle ou votre institution de prévoyance reste responsable de la tarification de votre contrat.
Les organismes complémentaires défendent, de leur côté, leur lecture du budget. Le 7 octobre 2026, la Mutualité Française a estimé que les transferts, la taxe et la dynamique des dépenses représenteraient plus de 3 milliards d'euros supplémentaires répercutés sur les contrats en 2027, et a demandé la suppression de la contribution exceptionnelle. C'est une position d'acteur, pas une évaluation officielle.
Pourquoi les revalorisations 2027 peuvent-elles varier d'un contrat à l'autre ?
Les prévisions des cabinets d'actuariat décrivent des tendances de marché, pas un barème d'augmentation individuel. Même pour une année identique, la cotisation réclamée dépend du contrat et de la situation du souscripteur. Il faut notamment distinguer quatre éléments avant de comparer deux hausses.
| Critère | Pourquoi il change la lecture du tarif |
|---|---|
| Famille de contrats | Un contrat individuel, une santé TNS et une mutuelle d'entreprise ne relèvent pas forcément des mêmes règles de tarification ni du même calendrier. |
| Génération et date d’effet | Les conditions de renouvellement d'un ancien contrat et la grille proposée à une nouvelle adhésion peuvent différer. Aucune exonération liée à la date d'adhésion n'est universelle. |
| Indexation et effet d’âge | Une revalorisation générale n'est qu'une composante possible : changement de tranche d'âge, garanties et bénéficiaires peuvent modifier le total. |
| Fiscalité et décisions à venir | La contribution de 2,05 % figure dans le PLFSS 2027 encore en discussion : elle ne doit pas être traitée comme une majoration déjà acquise de toutes les cotisations. |
Une annonce de « tarif maintenu » peut donc concerner uniquement l'indexation technique d'une gamme, sans garantir un prélèvement strictement identique pour tous les adhérents. Inversement, les prévisions moyennes de hausse publiées pour 2027 ne signifient pas qu'un contrat particulier augmentera à ce taux. Pour vérifier votre propre échéancier, consultez notre guide : hausse 2027 au 1er janvier ou à la date anniversaire, et calcul de votre cotisation réelle.
Pourquoi une charge supplémentaire ne donne pas automatiquement votre hausse
Une complémentaire santé ne tarifie pas un contrat uniquement à partir d'une taxe ou d'un transfert de remboursement. Le Sénat avait déjà montré, dans son rapport de 2024 consacré aux complémentaires santé, que les cotisations résultent d'un ensemble de facteurs : dépenses de santé, vieillissement, prix des soins, décisions conventionnelles, répartition entre assurance obligatoire et complémentaire, structure du portefeuille et frais de gestion.
C'est pourquoi deux assurés peuvent recevoir des évolutions différentes, même auprès du même organisme. Sur un contrat individuel, l'effet de l'âge peut en outre s'ajouter à l'indexation générale : pourquoi la mutuelle augmente avec l'âge.
Il est donc excessif de transformer une charge nationale de X % en une affirmation du type « votre mutuelle augmentera de X % ». Le seul chiffre qui compte réellement pour votre budget est celui inscrit sur votre prochain avis d'échéance.
2026 avait déjà créé un précédent, toujours contesté
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 avait instauré la contribution exceptionnelle de 2,05 % sur les organismes complémentaires, pour un rendement présenté autour de 1,1 milliard d'euros. Le même article interdisait d'augmenter les cotisations 2026 par rapport à 2025.
Ce gel est contesté devant le Conseil constitutionnel : les questions prioritaires de constitutionnalité n° 2026-1230/1231 ont été examinées en audience le 13 octobre 2026. Au 20 octobre 2026, aucune décision n'était publiée. Le détail de la procédure et de ses effets possibles figure dans notre article sur la QPC visant le gel des tarifs des mutuelles.
Que faire lorsque votre cotisation 2027 arrive ?
Le bon moment pour agir n'est pas lorsque vous lisez une projection nationale, mais lorsque vous pouvez comparer votre propre tarif 2026 et votre tarif 2027. Selon votre contrat, la nouvelle cotisation s'applique au 1er janvier ou à la date d'échéance annuelle : c'est cette date qui ouvre, ou non, une fenêtre de résiliation.
La méthode pas à pas (lire l'avis d'échéance, calculer la hausse en euros et en pourcentage, isoler l'effet d'âge, comparer à garanties équivalentes) est détaillée dans notre article mutuelle 2027 : augmentation en janvier ou à la date anniversaire ? Les règles de changement de contrat sont rappelées sur notre page changer ou résilier sa mutuelle.
Pour un contrat collectif, l'employeur doit regarder le coût total, la répartition employeur-salarié et le niveau de garanties avant de raisonner uniquement sur le pourcentage d'indexation.
Votre hausse 2027 sera un cas particulier, pas une moyenne nationale
Quand vous recevez votre nouvel échéancier, le bon comparatif part de votre contrat, de vos garanties et du montant réellement demandé. Les projections nationales et le débat budgétaire servent d'alerte, pas de diagnostic individuel.
Pour un contrat individuel : comparer une mutuelle santé adaptée à vos besoins. Pour un contrat employeur : vérifier la mutuelle collective de l'entreprise.
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