Un contrat d'assurance obsèques à cotisation viagère peut, avec les années, faire payer à l'assuré un total de cotisations très supérieur au capital garanti — sans qu'aucun texte n'encadre aujourd'hui ce dépassement. C'est ce vide que vise à combler une proposition de loi déposée au Sénat le 16 juin 2026 par la sénatrice Marie-Do Aeschlimann. Le texte prévoit un plafond de cotisations, une meilleure information des bénéficiaires et des démarches simplifiées pour retrouver un contrat après un décès. Il n'est pas encore en vigueur : voici ce qu'il contient, et ce qui change réellement dès aujourd'hui pour un assuré.
À retenir
- Une proposition de loi (texte n° 750) a été déposée au Sénat le 16 juin 2026 par la sénatrice Marie-Do Aeschlimann.
- Elle prévoit de plafonner le total des cotisations obsèques à deux fois le capital garanti, avec arrêt automatique des prélèvements au-delà.
- Les opérateurs funéraires devraient interroger gratuitement le dispositif de recherche de contrat sous 24 heures.
- Les assureurs devraient alerter spontanément les bénéficiaires dès qu'ils sont informés d'un décès, via le RNIPP.
- Ce texte n'est pas encore en vigueur : il doit être examiné puis adopté par le Parlement.
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Demander mon devis assurance obsèquesLe problème que ce texte veut résoudre : la sur-cotisation viagère
Un contrat d'assurance obsèques permet de financer à l'avance ses propres funérailles, selon trois modes de versement possibles : une cotisation unique, une cotisation temporaire (sur une durée fixée à l'avance) ou une cotisation viagère, payée jusqu'au décès. C'est ce dernier mode qui pose le plus de difficultés : plus l'assuré vit longtemps, plus il cotise — sans qu'aucun mécanisme légal ne stoppe les prélèvements une fois le capital garanti largement dépassé par le cumul des cotisations versées.
C'est exactement ce constat que reprend l'exposé des motifs de la proposition de loi déposée au Sénat le 16 juin 2026 : malgré des obligations déjà renforcées ces dernières années pour les opérateurs funéraires et les assureurs, la protection des souscripteurs et de leurs familles reste jugée insuffisante sur ce point précis.
Un plafond fixé à deux fois le capital garanti
La mesure centrale du texte fixe un plafond : le total des cotisations versées sur un contrat obsèques ne pourrait jamais dépasser 2 fois le montant du capital garanti. Une fois ce plafond atteint, les prélèvements s'arrêteraient automatiquement, sans remettre en cause la garantie : le capital resterait dû intégralement au moment du décès, même si l'assuré ne cotise plus depuis des années.
À titre d'exemple purement illustratif de l'application de cette règle : pour un capital garanti de 5 000 €, le cumul des cotisations viagères ne pourrait jamais dépasser 10 000 €, quelle que soit la longévité de l'assuré. Les montants réels dépendent bien sûr du capital souscrit dans chaque contrat individuel.
Une proposition de loi, pas encore une obligation légale
Ce plafond n'est à ce stade qu'une disposition proposée, sans valeur contraignante tant que le texte n'a pas été examiné et voté par le Parlement. Il ne s'applique à aucun contrat aujourd'hui : vérifiez toujours les conditions générales exactes de votre contrat obsèques auprès de votre assureur ou courtier.
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Retrouver un contrat obsèques après un décès : deux mesures prévues
Au-delà du plafond de cotisations, le texte veut aussi simplifier la recherche d'un contrat obsèques après un décès — une démarche aujourd'hui souvent méconnue des familles endeuillées :
- les opérateurs funéraires seraient tenus d'interroger gratuitement, dans un délai de 24 heures suivant la demande d'une famille, le dispositif de recherche de contrats obsèques ; si un contrat est retrouvé, l'assureur disposerait de 3 jours ouvrés pour en informer le demandeur et le bénéficiaire ;
- les assureurs devraient prévenir spontanément les bénéficiaires dès qu'ils sont informés du décès de l'assuré via le répertoire national d'identification des personnes physiques (RNIPP), sans attendre qu'une demande leur soit adressée.
Ces deux mesures répondent à un problème connu du secteur : des capitaux garantis jamais réclamés faute pour les familles de savoir qu'un contrat existait, ou de connaître l'assureur auprès duquel il avait été souscrit.
Que faire dès maintenant, avant l'adoption éventuelle du texte
Le texte devra encore être examiné en commission, puis en séance au Sénat, avant d'être transmis à l'Assemblée nationale pour poursuivre son parcours législatif — un processus dont la durée n'est jamais garantie. En attendant, trois réflexes restent utiles indépendamment de l'issue de la proposition de loi :
- Calculez le cumul de vos cotisations déjà versées sur votre contrat obsèques et comparez-le au capital garanti, pour savoir où vous vous situez par rapport au plafond proposé ;
- Informez vos proches de l'existence de votre contrat, de son assureur et du mode de versement choisi, pour ne pas dépendre uniquement d'un futur dispositif légal de recherche ;
- Comparez votre contrat à un versement temporaire ou unique si le cumul de vos cotisations viagères s'approche déjà du capital garanti.
Le conseil Tessoria
N'attendez pas l'issue de cette proposition de loi pour vérifier votre propre situation. Que vous cotisiez déjà sur un contrat viager ou envisagiez une première souscription, demandez à votre assureur ou à votre courtier le cumul exact de vos cotisations et la valeur de rachat associée — c'est une information à laquelle vous avez déjà droit aujourd'hui.
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Questions fréquentes
Conclusion
Cette proposition de loi n'est encore qu'une étape dans un long processus parlementaire, mais elle met en lumière un vrai sujet : le risque de sur-cotisation sur les contrats obsèques à versement viager, et la difficulté à retrouver un contrat après un décès. Qu'elle aboutisse ou non, ces deux points méritent d'être vérifiés dès aujourd'hui sur votre propre contrat.
Nous suivrons l'avancement de ce texte et mettrons cet article à jour à chaque étape significative de son parcours parlementaire.
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Sources
- · Sénat — Texte n° 750 (2025-2026) : Contrats d'assurance obsèques et protection des assurés
- · economie.gouv.fr / DGCCRF — Information et protection des consommateurs en assurance
- · France Assureurs — Les contrats d'assurance obsèques
Cet article décrit une proposition de loi en cours d'examen parlementaire, non encore adoptée. Il est informatif et ne remplace pas une consultation personnalisée : vérifiez toujours les conditions générales exactes de votre contrat auprès de votre assureur ou courtier.